Temple de Behbeit el-Hagara
(nord de l’Égypte)

Base de données commentée des vestiges

, par Agnès Tricoche

Direction scientifique : Christine Favard-Meeks (AOROC)
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Le site légendaire de Behbeit el-Hagara n’est aujourd’hui que le champ de ruines d’un temple qui s’est, il y a longtemps, effondré sur lui-même. Il est dédié à Isis. Parmi ces ruines, depuis le XVIIIe siècle on relève, on copie des blocs de granit qu’on disait noir, rouge ou gris et rose, décorés et inscrits d’un style magnifique. Puis on les a photographiés et des égyptologues ont tenté de les éditer. Il a aussi servi de carrière en plein air aux habitants du village et à la future capitale médiévale égyptienne. Il a aussi servi jadis de source à des amateurs d’art et des musées au point qu’on retrouve certains blocs dans le monde entier. Ce site mutilé a révélé, grâce aux dégagements de P. Montet (1948-1952), des blocs enfouis depuis deux millénaires, donc inédits, et qui le restèrent jusqu’au jour où J. Yoyotte confia à Christine Favard-Meeks leur étude qui, cinquante ans plus tard, aboutit à la présente base de données.

Cette base de données est le résultat de plusieurs phrases de travail distinctes :

1977-1988. Première récolte documentaire, réalisée par Christine Favard-Meeks et Dimitri Meeks, visant à rassembler une information dispersée et incomplète. Les résultats sont enregistrés dans une toute première version de la base de données, en 1988, en tant qu’ébauche de catalogue.

1990. Soutenance de la thèse de doctorat de Christine Favard-Meeks, sous la direction de Jean-Claude Goyon, avec pour objectif la reconstitution architecturale du temple de Behbeit el-Hagara. Ce travail aboutit au catalogue de 324 blocs in situ ou supposés l’être et une vingtaine de blocs conservés dans les musées.

1993-2005. Dans le cadre et à la suite d’un projet de reconstitution du monument avec le Conseil Suprême des Antiquités d’Égypte, en 1993, qui n’aboutira finalement pas, la base est considérablement enrichie par Christine Favard-Meeks : ajout de données archéologiques et textuelles, qu’elles soient historiques ou religieuses ; ajout de dessins et photos montrant l’évolution du site dans son environnement, ainsi que celle des blocs qui avaient, au cours des années, souffert du climat et de l’activité humaine ; ajout de commentaires dans les fiches, à l’occasion de visites sur le site (2002, 2004, 2005), pour restituer à chaque bloc son rôle historique et religieux.

2006. Organisation d’un survey du site par Christine Favard-Meeks (mars 2006), dans le cadre de l’IFAO (dir. L. Pantalacci) et avec l’aide de plusieurs collègues, afin de recenser les blocs visibles sur place dont un certain nombre manquait à l’appel. Ce travail a permis de consolider le catalogue et de mieux le structurer.

Depuis lors, ne pouvant plus travailler sur le site, Christine Favard-Meeks a le projet de mettre à la disposition de la communauté scientifique, une information fondée sur la connaissance acquise du site et sur la matérialité du temple confrontée à tous les témoignages recueillis. Certaines éditions de textes glanées au cours des années sont ainsi incluses dans la base même l’original n’a pas pu être retrouvé sur le site. Cela a été fait chaque fois que ces textes ne semblaient pouvoir provenir que du temple, en espérant qu’un jour on retrouverait ces originaux. J’ai ainsi mêlé à ce que j’avais documenté des textes copiés par des voyageurs du XVIIIe siècle, des photos et des copies du XIXe siècle.


Site web. La première version de la base de données (1988) a connu, au cours des décennies, bien des péripéties. Dans sa présentation actuelle, elle est la réalisation, de 2015 à 2017, de Nicolas Schont (Ingénieur de recherche 1e classe, Ministère de l’Éducation Nationale, Administration Centrale). En 2021, la mise en ligne sur Huma-Num a été réalisée par Marc Bui (AOROC), avec la collaboration d’Olivier Masson.

Cette base de données a pour ambition d’être un outil permettant de mieux comprendre le temple de Behbeit el-Hagara, « Behbeit-les-Pierres », sa structure, son histoire et, pour une partie, la théologie dont il était le support. Aucun travail de maintenance n’ayant pu être exécuté depuis deux ans, elle contient des imperfections que l’on voudra bien excuser et qui seront progressivement corrigées.