Les migrations en discussion
Jean-Paul Demoule & Valentina Mordvintseva

, par Jean-Michel Colas

Vendredi 23 octobre 2020, 16h-19h
Visioconférence : https://www.gotomeet.me/AncaDAN/geoarch
Par téléphone : +33 187 210 241
Code d’accès : 906-762-757

Conférence dans le cadre du séminaire « Géographie historique et géoarchéologie »


Jean-Paul Demoule
Professeur émérite de Protohistoire européenne, Institut Universitaire de France & Université de Paris I

« Les Indo-Européens, un phénomène migratoire ? »
L’existence indéniable d’une famille de langue dite « indo-européenne », nettement différente, par exemple, des langues sémitiques ou sino-tibétaines, a été invariablement pensée depuis trois siècles en termes de migrations, sinon d’invasions violentes. Appliquant le modèle « romain » des langues romanes, toutes issues de l’expansion de l’empire romain, les chercheurs ont posé la question dans les termes d’un peuple originel, dans un foyer originel, parlant une langue originelle, et parti à la conquête d’une partie de l’Eurasie. Sur ces bases, d’innombrables solutions migratoires ont été proposées, les plus citées aujourd’hui étant celles d’un foyer anatolien, ou steppique, ou scandinave. Tout récemment, une application sans nuance de la génétique est venue renforcer l’hypothèse steppique. En réalité, la combinaison complexe des données de l’archéologie, de la mythologie comparée, de l’anthropologie sociale, de la génétique et de la linguistique peut offrir une image beaucoup plus riche et intéressante.

Valentina Mordvintseva
Associate Professor, Institute for Oriental and Classical Studies, National Research University ‘Higher School of Economics’

« The Sarmatian archaeological culture : speculative vs. network model ».
A presupposition that cultures are clearly defined, essentially self-contained entities has cast serious doubt in the modern world archaeology mirroring also in the Sarmatian archaeology. The concept „Sarmatians”, „Sarmatian period” and „Sarmatian archaeological culture(s)” are widely used in the archaeological literature. Meanwhile, the material remains of different macro-regions that traditionally are connected to the various “Sarmatian” communities and political formations of the written sources have significant cultural distinctions. The nature of these differences and similarities has not yet been reliably clarified. This leads to contradictions in the interpretation of the same culture groups by representatives of different schools of archaeology. The basis of contradictions lies in the violation of the argumentation procedure, which appears as speculative. It is necessary to develop common approaches to the interpretation of archaeological materials. A promising research tool, in this regard, is the network model.

Responsable : Anca Dan